J’ai eu la malchance, dans mon précédent emploi, de travailler en openspace. Or, quand on est autiste, l’openspace est un environnement particulièrement inadapté. J’ai accumulé une surcharge sensorielle pendant plusieurs années ce qui a entraîné un burn-out. Cette surcharge venait :
– Du bruit : notamment de ma charmante collègue d’Amérique Latine qui ne pouvait s’exprimer qu’en criant. Mais aussi, d’une manière générale des discussions entre collègues même éloignées. Je perçois les sons éloignés comme s’ils étaient près de moi, ce qui rend la concentration difficile. J’ai particulièrement été dérangée par le téléphone d’un collègue qui appelait en laissant sur haut-parleur jusqu’à ce que ça décroche. Et, s’agissant d’un service client, la sonnerie pouvait durer bien 10 minutes. Quand c’était trop insupportable pour moi et que je me dirigeais dangereusement vers un melt-down, j’allais m’isoler dans les toilettes.
Une autre nuisance sonore : la Nespresso. Ma collègue l’avait installée à quelques mètres de moi et toute l’entreprise l’utilisait.
J’ai tout tenté : le casque anti-bruit. Il n’atténuait pas assez. Les boules quies. Je n’entendais plus rien et ça m’angoissait de ne pas entendre mes collègues arriver. Parce que j’ai besoin d’un temps pour me mettre dans l’optique d’une potentielle discussion. Activer mon masque social, décrypter ce que l’autre veut. Bref.
– Les odeurs : La personne de l’accueil aimait beaucoup vider des désodorisants dans le couloir, ce qui fait qu’il me fallait traverser en apnée. Pour information, les odeurs un peu fortes sont une réelle agression pour moi. Ce qui pour vous est une odeur agréable est pour moi toxique. Ma gorge se contracte, mes narines brûlent, l’odeur me reste dans le nez pendant plusieurs heures et me déclenche des migraines.
Une société de nettoyage passait également shampooiner la moquette pendant les heures de travail. C’était un vrai supplice.
Il y avait aussi des collègues qui mettaient des bougies parfumées.
Les WC étaient régulièrement hors-service. Je vous laisse imaginer le problème.
Bien sûr, tout ceci ajouté aux transports en commun matin et soir m’a conduite au burn-out. Il aurait peut-être été évité si ma hiérarchie avait accepté de me passer en télétravail. Ce qui était parfaitement faisable car un collègue qui avait les mêmes tâches que moi était déjà en télétravail partiel. J’étais pourtant allée voir la médecine du travail avec le soutien de ma psychiatre pour formuler ma demande mais ma RH m’a juste répondu « c’est trop facile d’aller voir la médecine du travail pour demander un télétravail ». Évidemment, à l’époque je n’avais pas ma RQTH et je devais donc faire avec la mauvaise volonté de mon employeur.
Aujourd’hui, je suis licenciée économique et phobique des transports en commun à force d’y avoir été confrontée. Je ne conçois pas de pouvoir revenir travailler dans un openspace.