Il y a quelques mois, j’ai eu la malchance d’expérimenter un gros burn-out autistique.
C’était en avril dernier, je sentais que j’allais mal et que je supportais de moins en moins les bruits, les odeurs, les lumières, les changements. Je les vivais très mal, au point d’avoir tenté une cure de CBD pour étouffer un peu toute cette cacophonie dans mon cerveau. Réalisant qu’il devenait impossible pour moi de prendre les transports en commun tous les jours, de travailler dans un openspace bruyant et sentant le shampooing pour moquette, j’ai décidé d’aller voir la médecine du travail pour savoir quelles étaient mes options. Je ne disposais alors que d’un pré-diag TSA de ma psychiatre qui n’était pas spécialisée dans les troubles autistiques. Cette dernière avait écrit une lettre de recommandation pour une adaptation de mon poste en télétravail partiel ou me réserver un bureau.
Après un entretien avec la médecine du travail, nous convenons de mettre en place 2 à 3 jours de télétravail ou la mise à disposition d’un bureau au calme. Je suis donc allée voir ma supérieure pour en discuter mais celle-ci a balayé tout ça d’un revers de la main en arguant que c’était injuste pour mes collègues qu’on me donne des « privilèges » et que, de toute façon, il était impossible de mettre en place un télétravail parce que ce n’était pas dans la Charte de l’entreprise. Excuse bidon car l’un de mes collègues qui effectuait les mêmes tâches que moi était en télétravail partiel.
Je suis alors allée parler avec ma RH pour savoir s’il était possible de passer outre cette décision arbitraire et là aussi, zéro empathie, zéro volonté d’améliorer le quotidien d’une salariée en souffrance. Ma RH s’est contenté de me dire « c’est trop facile d’aller voir la médecine du travail pour demander un télétravail ». « Trop facile ». J’ai fondu en larme. Ce refus avait brisé ce qui me restait d’énergie et d’espoir. Je ne voyais pas comment continuer, comment revenir travailler dans cet environnement.
Je suis donc allée voir mon médecin traitant pour en parler avec lui. Je crois que je lui ai fait peur avec ma crise de larmes incontrôlables et mes énormes cernes. Il m’a arrêté pendant 15 jours. Ces 15 jours se sont transformées en un mois. Je n’avais plus la force de rien faire. Je passais mes journées à me balancer sous ma couette pour vider ce trop-plein dans ma tête. La moindre sortie était une torture. La lumière me faisait plisser les yeux, je titubais parce que les bruits étaient assourdissants. Les odeurs étaient démultipliées. Ma psy m’a mise sous anxiolytiques et, avec beaucoup de repos, j’ai pu recommencer à espérer. La médecine du travail a fait pression sur ma hiérarchie et, comme par miracle, ils ont réussi à me trouver un local. Bien entendu, comme ma responsable m’avait prise en grippe, elle a demandé au service technique d’installer mon écran dos à la porte, histoire que je sursaute à chaque entrée. J’ai repris le travail progressivement à temps partiel et quelques semaines plus tard, j’ai reçu une lettre de licenciement économique. Avec le recul et selon l’avis de plusieurs de mes connaissances, ma hiérarchie m’avait poussée à partir avant le licenciement économique.
Maintenant que j’ai ma RQTH et le diagnostic officiel, j’espère que ma prochaine expérience professionnelle sera plus sereine.